Elle était toute petite, et je le savais déjà. Je ne pouvais pas l’expliquer, je n’avais aucun mot à mettre dessus. Ce n’était pas vu, c’était ressenti.
Ma fille était très timide, introvertie, elle avait peur d’aller vers les autres. Et en même temps tellement douce, tellement souriante. Ses câlins du matin, son regard qui disait beaucoup… c’était ma petite poupée. Je sentais qu’elle ne fonctionnait pas comme les autres enfants, sans pouvoir dire pourquoi.
Je ne peux pas te dire aujourd’hui que c’était « le TDA ». Je peux juste te dire que mon ressenti de maman était là, bien avant le mot.
Le jour où le mot est tombé
Le mot est arrivé en 1re secondaire. C’est une de ses profs qui m’en a parlé. Elle connaissait le TDA de près, elle voyait des signes chez ma fille, et elle m’a conseillé de consulter une neuropsychologue pour faire un bilan.
Je suis sortie de là sonnée. TDA ? Je ne savais vraiment pas ce que c’était. Et j’avais la tête pleine de questions.
Google, trop d’infos, et la panique
Alors j’ai fait ce qu’on fait toutes : j’ai ouvert Google.
Et je me suis perdue. Il y avait trop d’informations, trop d’avis, trop de mots que je ne comprenais pas. J’ai paniqué. Je me suis dit : comment elle va faire ? J’avais mal au cœur pour elle. Pourquoi elle ? Cette enfant si souriante et si douce, pourquoi la dyscalculie, et maintenant le TDA ?
Si tu en es là aujourd’hui, devant ton écran, avec trop d’onglets ouverts et le ventre noué, je te comprends. J’y étais.
Deux neuropsys, deux expériences
Je te raconte ce que nous avons vécu. C’est mon expérience de maman, pas un avis médical.
La première consultation : tout est allé très vite
Le premier rendez-vous a eu lieu à l’hôpital. Quelques questions, quelques tests, et le verdict est tombé : TDAH. Je me suis dit que c’était rapide. Dans la foulée, on m’a proposé un traitement. J’ai demandé ce que c’était, on m’a répondu que c’était pour l’aider à se concentrer en classe, et que c’était pour son bien.
J’ai fait confiance. C’était un médecin, après tout.
Dès les premiers jours, je n’ai plus reconnu ma fille. Je la trouvais éteinte, vide, comme un robot. Elle ne mangeait presque plus. Et au bout de dix jours, elle m’a dit : « Je ne me sens pas bien, j’ai comme une pression dans la poitrine, je me sens bizarre. »
J’ai dit stop.
Je tiens à être claire : ce traitement aide certains enfants, et si ton enfant le prend et que ça se passe bien, tu n’as rien à te reprocher. Chez nous, ça ne s’est pas bien passé. Et une chose importante : un traitement ne s’arrête pas sans en parler à un médecin. Si tu observes ce genre de signes, appelle tout de suite celui qui l’a prescrit ou ton médecin de famille.
La seconde : deux heures, et le temps de m’expliquer
J’ai cherché une autre neuropsychologue. Et là, tout a été différent.
Le bilan a duré environ deux heures. Nous avons beaucoup parlé, elle et moi. Elle m’a expliqué ce qu’elle faisait et pourquoi. Une semaine plus tard, nous avions rendez-vous pour les résultats.
Le résultat : un TDA. Pas un TDAH. Un trouble de l’attention, sans hyperactivité.
En même temps, elle a mis des mots sur autre chose. Ma fille s’était renfermée sur elle-même après du harcèlement, et la neuropsychologue a parlé de phobie sociale et scolaire. Elle nous a proposé un suivi avec une psychologue avec qui elle travaillait.
Pour la première fois, je suis sortie d’un rendez-vous en ayant compris quelque chose.
Ce qui l’a aidée
L’écoute, d’abord. J’ai fait très attention à elle pendant cette année-là. Je regardais, j’écoutais, je la croyais quand elle me disait que ça n’allait pas. C’est elle qui m’a dit qu’elle se sentait mal, et c’est parce que je l’ai écoutée que nous avons cherché autre chose.
Un an de suivi avec une psychologue. Elle travaillait avec deux approches dont je n’avais jamais entendu parler :
- la TCC (thérapie cognitivo-comportementale) : on travaille, pas à pas, sur les pensées et les réactions qui bloquent, avec des petits exercices concrets ;
- l’ACT (thérapie d’acceptation et d’engagement) : on apprend à faire de la place aux émotions difficiles plutôt que de lutter contre elles, pour avancer vers ce qui compte vraiment pour soi.
Ce suivi l’a un peu aidée dans sa reconstruction. Je ne te promets pas que ce sera pareil pour ton enfant : chaque enfant est différent, et c’est un professionnel qui peut te dire ce qui lui convient.
Les fleurs de Bach. C’est ce que j’ai choisi à ce moment-là. Ce n’était pas un miracle. Ça l’a apaisée, on va dire. Je te le raconte parce que c’est notre histoire, pas parce que c’est une solution.
Je ne vais pas te mentir : tout ne s’est pas arrangé pour autant. En 1re secondaire, elle perdait pied, suivre en classe était devenu dur. Plus tard, j’ai fait le choix de l’école à la maison. Je t’en parlerai dans un autre article.
Ce que je te dirais aujourd’hui
Si on vient de te parler de TDA pour ton enfant, voici ce que je referais, et ce que je ferais autrement.
- Renseigne-toi sur la neuropsychologue avant d’y aller. Je ne l’ai pas fait la première fois. Aujourd’hui, je chercherais, je lirais les avis. Ils sont parfois révélateurs.
- Pose toutes tes questions. Toutes. Même celles qui te semblent bêtes. Si on te propose un traitement, demande ce que c’est, comment ça agit, quels effets surveiller.
- Si quelque chose ne colle pas, demande un autre avis. Deux, trois s’il le faut. Un bilan en quelques minutes et un bilan de deux heures, ce n’est pas la même chose. Je l’ai appris en le vivant.
- Parles-en à ton médecin de famille. Il te connaît, il connaît ton enfant, et il peut t’orienter.
- Écoute ton enfant. C’est ma fille qui m’a dit que ça n’allait pas. Elle avait raison.
Les ressources que j’aurais aimé connaître
À l’époque, j’ai cherché seule, et je suis passée à côté. Je ne savais pas qu’il existait en Belgique une association pour les familles concernées.
L’asbl TDA/H Belgique (tdah.be) propose des informations pour les parents, des groupes de parole et des brochures pour comprendre et accompagner son enfant.
Elle relaie aussi un atelier gratuit en ligne pour les parents, « Bonjour TDAH ! », organisé par TDAH et compagnie. Le prochain a lieu mardi 13 octobre 2026, de 20 h à 22 h, sur Zoom, sur inscription. On y parle du fonctionnement du cerveau, des émotions, de la motivation et du quotidien : l’école, les devoirs, les repas, le coucher. L’atelier revient régulièrement dans l’année ; si tu lis cet article plus tard, regarde l’agenda sur tdah.be.
Je n’ai aucun lien avec ces associations. Je t’en parle parce que j’aurais aimé qu’on m’en parle.
À retenir
- Ton ressenti de maman compte, même quand tu n’as pas encore de mot à mettre dessus.
- TDA et TDAH, ce n’est pas la même chose : l’attention peut être touchée sans hyperactivité.
- Un bilan sérieux prend du temps, et on doit t’expliquer les résultats.
- Tu as le droit de poser des questions et de demander un autre avis.
- Tu n’es pas obligée de chercher seule : des associations existent en Belgique.
Questions fréquentes
C’est quoi la différence entre TDA et TDAH ?
Le TDAH est un trouble de l’attention avec hyperactivité. Le TDA touche l’attention sans l’hyperactivité. C’est une autre façon de fonctionner, pas un manque de volonté. Seul un professionnel peut poser le diagnostic.
Qui consulter pour un bilan ?
Chez nous, c’est une neuropsychologue qui a fait le bilan. Ton médecin de famille peut t’orienter vers les bons professionnels près de chez toi.
Combien de temps dure un bilan ?
Notre second bilan a duré environ deux heures, avec un rendez-vous une semaine plus tard pour les résultats. Ça peut varier d’un professionnel à l’autre.
Mon enfant ne se sent pas bien avec son traitement, que faire ?
Appelle rapidement le médecin qui l’a prescrit ou ton médecin de famille, et décris-lui ce que tu observes. Ne reste pas seule avec ça.
Où trouver du soutien en Belgique ?
L’asbl TDA/H Belgique (tdah.be) propose des informations, des groupes de parole et relaie des ateliers pour les parents.
Je suis maman de trois filles. J’ai traversé un burn-out, deux de mes filles sont dyscalculiques, et j’ai accompagné la phobie scolaire et l’école à la maison. Sur L’Empreinte, je partage ce que j’ai vécu pour qu’aucune maman ne se sente seule face à l’école.
Et toi, comment as-tu entendu le mot « TDA » pour la première fois ? Raconte-moi en commentaire : ton histoire aidera peut-être une autre maman.


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