Pourquoi Marie ? L’histoire derrière le titre de mon livre

Aquarelle des deux gâteaux d'anniversaire de ma maman : 70 ans (drip vert menthe, macarons) et 71 ans (voiles de sucre rose et vert)

Il y a des souvenirs qui ne s’en vont jamais. Le mien a une odeur : celle du pain perdu. Petite, je trempais les tranches dans le lait et les œufs, bien appliquée, pendant que ma maman les faisait dorer à la poêle. C’était doux, c’était bon, c’était simple, et ça réchauffait le cœur. Ce n’était pas une pâtisserie de dingue, je te l’accorde. Mais c’est là, dans cette cuisine, à côté d’elle, que tout a commencé.

Ma maman s’appelle Marie. Et quand j’ai cherché un titre pour mon livre, je n’ai pas eu à chercher longtemps : Tout a commencé avec Marie. Aujourd’hui, j’ouvre sur le blog une petite série pour te raconter les coulisses de ce livre, et il me semblait évident de commencer par là. Par elle.

Dans la cuisine de ma maman

C’est ma maman qui m’a initiée à la pâtisserie quand j’étais petite. Je la regardais faire, souvent assise en retrait, et j’adorais surtout manger ses bonnes pâtisseries. J’étais une vraie gourmande, et je le suis encore aujourd’hui. Ma maman l’est tout autant, d’ailleurs. On se ressemble là-dessus.

Il y avait le pain perdu, donc, qu’on préparait ensemble. Il y avait sa charlotte aux fraises, qu’elle faisait toujours pour les repas de famille ou les grandes occasions. Et puis il y avait les marbrés, les fameux marbrés de l’époque. Ce sont des souvenirs d’avant mes 10 ans, mais aussi d’après, parce qu’au fond, ça n’a jamais vraiment cessé.

Ma maman n’a jamais fait de grands discours sur la pâtisserie. Elle ne m’a pas donné de cours, elle ne m’a pas expliqué de techniques. Elle faisait, tout simplement, et moi je regardais. Je crois que c’est comme ça qu’on transmet les choses les plus importantes : sans le dire, en les vivant.

Je ne savais pas encore, à l’époque, que ces moments-là allaient me suivre toute ma vie.

Marie Patiss’, un clin d’œil à ma maman

Des années plus tard, quand j’ai commencé à partager mes gâteaux sur les réseaux, il m’a fallu un nom. J’aurais pu mettre mon prénom. Mais non : c’était une évidence, ce serait Marie Patiss’.

C’était un clin d’œil à ma maman. Une façon de dire, sans l’expliquer à chaque fois, que tout ce que je faisais venait d’elle. Beaucoup de personnes ont cru que je m’appelais Marie. Je ne les ai pas toujours corrigées, je l’avoue. Quelque part, c’était un peu vrai : derrière chacun de mes gâteaux, il y avait un bout d’elle.

Fin 2019 : les premiers essais

Mon tout premier vrai gâteau de cake design, je l’ai fait pour ma maman. Mais avant d’y arriver, il y a eu des essais. Beaucoup d’essais.

Ma maman allait fêter ses 70 ans le 31 mars 2020, et je voulais absolument marquer le coup. J’avais en tête une fête surprise, avec une belle table de desserts et un vrai repas. Alors j’ai cherché sur le net, et surtout sur Pinterest. Je suis tombée sur ces tables remplies de mignardises et de gâteaux sublimes, de ceux qui donnent envie rien qu’en les regardant. Je me suis dit : c’est ça que je veux lui faire.

Sauf que je ne savais pas faire. Alors, fin 2019, j’ai commencé à m’entraîner. J’essayais des recettes, je ratais, je recommençais, je publiais mes photos dans mon groupe Facebook. Chaque essai me rapprochait un peu plus du gâteau que je voulais lui offrir.

31 mars 2020 : le gâteau d’une fête qui n’a pas eu lieu

Et puis le monde s’est arrêté. Le confinement est tombé quelques jours avant son anniversaire, et la fête surprise a dû être annulée.

J’ai fait le gâteau quand même. Il n’était pas question de laisser passer ses 70 ans sans rien. Un gâteau blanc avec un drip vert menthe, des meringues, un cœur et un « 70 » en rose, et tout autour des macarons à ses couleurs préférées, rose et vert. J’ai pris des photos, je les lui ai envoyées, puis on a fait des parts et je lui en ai apporté.

Avec le recul, je vais être honnête avec toi : ce premier gâteau n’était pas parfait. Comparé à tout ce que je voyais sur Instagram, il était loin du compte. Mais ma maman a été tellement émerveillée. Ça l’a beaucoup touchée, ces macarons à ses couleurs. Et c’est peut-être ça que je retiens le plus : elle ne voyait pas les défauts. Elle voyait l’amour que j’avais mis dedans.

Si toi aussi tu te compares sans arrêt à ce que tu vois sur les réseaux, garde ça en tête. La personne pour qui tu fais les choses ne regarde pas comme toi. Elle regarde avec le cœur.

Quelques semaines plus tard, ma plus jeune, qui me regardait faire, m’a demandé à son tour un gâteau licorne pour le dimanche 24 mai 2020. Après le gâteau de ma maman, c’était le premier gâteau de ma fille.

Un an plus tard, la promesse tenue

Ce jour-là, je me suis fait une promesse : la grande fête surprise, je la lui ferais pour ses 71 ans.

Et je l’ai tenue. On lui avait dit qu’on l’emmenait manger une glace dehors. Et quand elle est rentrée, toute la famille l’attendait à la maison. Elle ne s’y attendait pas du tout.

Le gâteau, cette fois, était beaucoup plus élaboré. En un an, je m’étais perfectionnée, surtout au niveau des goûts, des textures et de la déco. Il y avait des voiles de sucre rose fuchsia et vert émeraude bordés d’or, des rosaces roses, des macarons nacrés, et une planche marbrée avec un papillon. Toujours ses couleurs. Et des macarons à côté, bien sûr.

Quand je regarde les photos de ces deux gâteaux l’une à côté de l’autre, je vois tout le chemin parcouru en une année. Mais je vois surtout la même chose dans les deux : l’envie de lui faire plaisir.

Le jour où ma maman a lu le livre

Ma maman connaît le titre du livre. Elle l’a même lu. Elle m’a dit qu’elle avait eu les larmes aux yeux, que ça l’avait beaucoup émue.

Parce qu’en le lisant, elle n’a pas seulement retrouvé ses gâteaux et nos souvenirs de cuisine. Elle a aussi découvert mon histoire, celle que je n’avais pas toujours racontée. Les coulisses du cake design, ce que la passion m’a coûté, et le burn-out qui a fini par m’arrêter. Je t’en parlerai dans un prochain article de cette série, à ma façon, sans tout dévoiler du livre.

Je crois que c’était important pour moi qu’elle le lise en premier. Ce livre porte son prénom. Il fallait qu’elle sache ce qu’il y avait dedans.

Ce qui a commencé avec Marie continue ici

Quand j’ai commencé à écrire ce livre, ce qui avait « commencé avec Marie », c’était la pâtisserie. Le cake design, les gâteaux, les recettes. Le livre raconte tout ça, et il se termine sur l’idée de revenir autrement, en partageant.

Aujourd’hui, je me rends compte que ça va plus loin. L’Empreinte, ce blog que tu lis en ce moment, c’est le prolongement de cette histoire. Ma maman m’a transmis la douceur, le partage, le fait de donner sans rien attendre en retour. C’est exactement ce que j’essaie de faire ici, avec toi, que ce soit avec une recette du mercredi, un article sur l’école à la maison ou sur la reconstruction après un burn-out.

Ma passion pour le cake design est toujours là. Elle a simplement trouvé une autre place.

Et le livre, alors ? Ce sera un livre de recettes inédites : mes meilleures recettes, avec des pas à pas pour réussir dans le cake design. Mais il y aura aussi mon histoire. Parce que derrière le cake design, il y a mon histoire.

Macarons roses et verts devant le gâteau d'anniversaire, logo Marie Patiss'

Tout a commencé avec Marie… et ça continue avec toi.

Ce que tu te demandes peut-être

Tu te demandes peut-être qui est Marie dans Tout a commencé avec Marie. C’est ma maman, tout simplement. Le titre lui rend hommage, parce que c’est elle qui m’a donné le goût de la pâtisserie quand j’étais enfant. Et Marie Patiss’, le nom sous lequel tu m’as peut-être connue, c’était un clin d’œil à elle, pas mon prénom.

Si tu te lances dans le cake design sans formation, sache que je n’ai suivi aucune école. J’ai tout appris seule, en cherchant, en essayant et en ratant. Et si ton premier gâteau ne ressemble pas à ceux d’Instagram, c’est normal : le mien en était loin. On progresse gâteau après gâteau, et la personne qui le reçoit voit surtout l’amour que tu y as mis.

Quant au livre, je suis en train de le terminer : il me reste les recettes à y mettre. En attendant, je te raconte ses coulisses ici, sur le blog.


Maman de trois filles, passionnée de cake design, j’ai traversé un burn-out en accompagnant deux de mes filles, DYS, en phobie scolaire et en IEF. Sur L’Empreinte, je partage ce que j’ai vécu et appris, de maman à maman.

Et toi, qui t’a transmis l’amour de la cuisine ou de la pâtisserie ? Raconte-moi ton souvenir le plus doux en commentaire, j’ai hâte de te lire.

Votre commentaire