L’IEF quand on est soi-même épuisée

Cahier d'école et tasse de thé sur une table l'après-midi, aquarelle

Si une maman me disait aujourd’hui « je n’en peux plus, mais je ne peux pas arrêter l’IEF, mon enfant en a besoin », je la comprendrais mieux que quiconque. Je suis passée par là. Je me suis dit exactement la même phrase.

Et aujourd’hui, je peux lui dire une chose que personne ne lui dit : si elle veut vraiment aider son enfant à avancer, elle doit d’abord prendre du temps pour elle. Ce n’est pas un luxe, ni de l’égoïsme. C’est primordial. Parce qu’une maman qui s’oublie complètement finit par ne plus être vraiment présente — même quand elle est là, physiquement, tous les jours.

Le jour où tout a basculé

Je me souviens du moment exact où j’ai su. C’était quelques mois après avoir pris une aide, en novembre 2024. Je m’étais dit que ça m’aiderait, que je serais moins fatiguée. Mais le mal était déjà là — et en plus, je devais lui apprendre le métier en même temps que je continuais à tout porter.

Ce jour de mai 2025, j’étais sur le pas de la porte. Nous étions vendredi, nous venions de terminer les gâteaux du week-end. Le ciel était bleu, un soleil magnifique, il faisait agréable dehors. Mon aide m’a dit « à la semaine prochaine ». Je l’ai regardée, je lui ai dit oui.

Mais dans ma tête, tout est passé au crible en une fraction de seconde. Je me suis dit : non, j’arrête, je ne peux plus continuer, je ne peux plus me voiler la face. Pas de larmes. Pas d’effondrement physique. Tout s’est joué à l’intérieur, en silence, pendant qu’elle s’éloignait dans ce bel après-midi de printemps.

Je suis rentrée. J’ai annoncé que c’était terminé, que j’allais prévenir mes clientes. Je l’ai fait par message, à mon aide aussi — même si ça me brisait le cœur d’annuler des commandes, de quitter des années de fidélité et de confiance. Mais je ne pouvais plus me mentir à moi-même.

Ce que personne ne voit, tant qu’on ne compte pas

Au fil des mois et des années, j’en étais arrivée à faire parfois 7 à 8 gâteaux en un seul week-end — des pièces avec beaucoup de décor fait main, parfois accompagnées de donuts, macarons, pop cakes, cupcakes. Le nombre d’heures ? Je ne saurais même pas te le dire. Je ne les comptais plus. Un week-end, j’ai fait une nuit blanche entière pour être sûre que tout soit prêt pour le samedi 11h.

Ce n’est pas anodin, de ne plus compter ses heures. C’est souvent le signe que ce n’est déjà plus mesurable — et donc plus tenable. Pendant ce temps, à côté, il y avait mes filles en IEF, leurs rendez-vous, leurs besoins spécifiques. Je gérais tout de front, sans jamais m’arrêter pour me demander si j’avais encore de l’essence dans le réservoir.

En IEF, j’étais là… sans vraiment y être

Pendant cette période, l’école à la maison continuait. Avec le recul, je me demande encore comment je tenais. J’étais comme un robot, jamais présente à 100 %. Mes yeux restaient figés sur l’heure, comme si je n’avais le temps de rien, avec en tête les gâteaux à terminer et les livraisons.

Je faisais les choses parce qu’il fallait les faire. Un automate. Un zombie exténué. C’est difficile à expliquer, mais c’était comme si j’étais hors de mon corps : spectatrice de ma propre vie, sans pouvoir rien y changer.

J’ai arrêté les gâteaux… mais pas la pression

Après ce vendredi de mai, je suis pourtant restée en hypervigilance. J’avais peur que le programme ne soit pas terminé. J’étais souvent sur le dos de ma fille : « Dépêche-toi », « fais ceci, fais cela », « il va falloir terminer ». C’était la fin de sa 5e primaire.

Pendant les grandes vacances, je n’ai pensé à rien. En août, j’ai fait des recherches sur le CEB et sur la façon d’organiser nos journées. Puis en septembre, je me suis sentie perdue. Plus de commandes. « Et maintenant, je fais quoi ? » Il y avait mon livre, ce blog, tant de choses à préparer… mais je procrastinais sans même m’en rendre compte.

Alors je me suis donnée corps et âme au CEB de ma fille. Dans ma tête, c’était simple : c’est moi qui fais les cours, donc si elle ne l’a pas, ce sera forcément de ma faute. Tout devait être parfait. Ce n’était plus la pression des gâteaux, mais elle était bien là. Mon objectif : me consacrer à elle jusqu’au CEB, et seulement après, me mettre à créer ce dont j’avais envie.

J’ai fait attention à ne pas retomber dans le burn-out. Je me suis occupée de moi aussi. Mais avec le recul, pas encore comme il le fallait.

Ce qui a tout changé : l’IEF… seulement l’après-midi

En septembre, j’ai commencé par faire cours le matin. Ça n’allait ni pour ma fille, ni pour moi. Après les premières vacances, on a tout changé : l’IEF uniquement l’après-midi, et le mercredi, repos.

Et c’était bien suffisant pour voir toutes les matières du CEB. Pas besoin de faire 8h30-12h et 13h30-15h30 tous les jours. Les matinées sont devenues les miennes : sport, relaxation, ménage, ce que j’avais à faire.

Au début, je me sentais obligée de reproduire les horaires de l’école, par peur des remarques des inspecteurs. Mais l’IEF, c’est justement l’inverse : pouvoir apprendre à son rythme, sans stress. (Je te parlerai des inspections et des rendez-vous dans un prochain article.)

Le CEB : notre plus belle récompense

Je suis fière de le dire : ma fille a obtenu son CEB. 76,1 % en français, 78 % en sciences, 72 % en histoire-géo. Seule ombre : 46,1 % en mathématiques, forcément, avec sa dyscalculie.

Le jour des résultats, elle a pleuré. Comme elle n’était pas scolarisée, la déléguée ne pouvait pas lui octroyer le CEB elle-même à cause de l’échec en maths : je devais passer par la Chambre de recours de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette dame a été très gentille. Elle a longuement parlé avec ma fille pour la rassurer et lui faire comprendre qu’elle avait fait un très beau parcours, avec des résultats plus que satisfaisants en étant à la maison.

J’ai introduit le recours. Au vu de ses autres résultats, je savais que le CEB lui serait octroyé, et il l’a été. Alors, si tu vis la même chose : ne perds jamais espoir, et va vers tout ce qu’il est possible de faire.

Ce que je ferais autrement, aujourd’hui

Avec le recul, je ferais forcément autrement, pour me préserver. J’ai cru, pendant longtemps, qu’être une bonne mère, c’était se donner corps et âme à ses enfants au point d’oublier qu’on existe soi-même. C’est faux.

Il faut savoir se donner du temps, s’accorder de petits plaisirs — justement pour être vraiment là pour ses enfants. Il vaut mieux être joyeuse, souriante et vivante auprès d’eux à certains moments, que d’être présente 24 heures sur 24, épuisée, sans vraiment y être. Je ne parle pas de présence physique. Je parle d’être là, vraiment là.

Si tu te reconnais dans ce que je viens de raconter — cette sensation de ne plus compter tes heures, ce moment silencieux où tu sais que tu ne peux plus continuer comme ça — sache que ce n’est pas un échec. C’est un signal. Et il mérite d’être écouté avant, pas après.

À retenir

  • Prendre du temps pour soi n’est pas de l’égoïsme : c’est ce qui permet d’être vraiment là pour ses enfants.
  • En IEF, pas besoin de reproduire les horaires de l’école : quelques heures bien placées peuvent suffire.
  • Arrêter ce qui nous épuise ne suffit pas toujours : la pression peut simplement changer de place.
  • Le bon rythme est celui qui convient à ton enfant et à toi.
  • En cas d’échec au CEB dans une seule matière, un recours existe.

Questions fréquentes

Peut-on faire l’IEF quand on est soi-même épuisée ?

Oui, mais pas en se sacrifiant. Allège le rythme, garde du temps pour toi, et parles-en à ton médecin si la fatigue ne passe pas.

Combien d’heures par jour faut-il en IEF ?

Il n’y a pas de règle unique. Chez nous, les après-midis (sauf le mercredi) ont suffi pour préparer le CEB.

Faut-il suivre les horaires de l’école en IEF ?

Non. L’intérêt de l’IEF, c’est justement d’adapter le rythme à l’enfant.

Que faire si mon enfant en IEF rate le CEB à cause d’une seule matière ?

Renseigne-toi auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le recours auprès de la Chambre de recours. C’est ce que nous avons fait, et le CEB a été octroyé.


Je suis maman de trois filles. J’ai traversé un burn-out, et ici je partage ce que j’ai vécu pour que tu te sentes un peu moins seule.

Si tu veux alléger l’organisation de tes journées, je partage mes outils dans Le Carnet d’Organisation.

Et toi, comment vis-tu l’IEF en ce moment ? Raconte-moi en commentaire 🤍

Réponses

  1. […] Pour lire le début de mon histoire : Quand tout s’effondre, mon burn-out de mai 2025. Et si tu fais l’école à la maison : L’IEF quand on est soi-même épuisée. […]

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  2. […] commencer, tu peux lire comment j’ai organisé nos journées : L’IEF quand on est soi-même épuisée. Et mes premiers outils arriveront dans Le Carnet […]

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